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Souvenirs d’un passé plaisant, la CB, un peu ma libération

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Voila des pages qui rappellent bien des souvenirs. Fin des années 70 et années 80. La CB que je pratiquais, sur laquelle je passais des jours et des nuits. La CB qui a franchement contribué à me guérir de ma timidité maladive. Vous allez rire mais c’est à l’occasion d’un »visu » (on dirait une rencontre IRL de nos jours 🙂 ) que j’ai mis les pieds pour la première fois (outre celui de mes grands-parents). Pas pour me saouler la gueule (j’étais déjà un sans alcool absolu) mais pour y faire connaissance d’hommes et de femmes parfois d’un tout autre milieu que le mien, que les circonstances « normales » ne m’auraient jamais donné la chance de rencontrer. Nuits passées à discuter, parfois loin (Québec) ou très proches. Dizaines d’heures passées à aider des amis à installer ou améliorer leur installation (électronicien ça aide :)). J’étais aussi secouriste (très actif 🙂 ) et là aussi les fréquences CB nous aidaient beaucoup. Je pratique beaucoup internet et les réseaux sociaux mais le contact n’y est pas le même que ce qu’il était. Je suis devenu par la suite radioamateur et ce après un arrêt total de la CB pendant une dizaine d’années. Là, je reviens et les ondes sont hélas un peu désertes. Dommage, le matériel est peu cher et on trouve de nombreuses occasions, il est bien plus performant qu’à l’époque d’ailleurs.Mon indicatif/pseudo était « St Bernard », il est de nos jours « Data » (les trekkises comprendront).Au passage, je ne vois aucune hiérarchie entre radioamateurs et CB, deux mondes de passionnés, l’un plus technique, l’autre plus libre.Pour terminer je suis de ceux qui sont fortement pour l’usage des 40 canaux normaux et une puissance de 4W. A bientôt peut-être sur les ondes 😉 .

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Une enseignante, 50 ans après il n’est de mois sans que je n’y pense.

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L’histoire est assez classique, un ou enseignant qui vous marque pour la vie. Pour moi et d’un côté positif ce fut ma prof d’histoire géographie au collège, Mademoiselle Dall devenue Madame Queverue. J’étais un élève avec de gros problèmes, un agent immobilier dirait : « Un fort potentiel » mais en fait en ruine. Un certains nombre de matières était catastrophique, les maths, les langues vivantes (allemand et anglais), partiellement la français (zéro orthographe et grammaire, plutôt bon dans ce que l’on appelait à l’époque les rédactions), une écriture totalement illisible. Aussi ce que l’on appelait un rêveur, aucune concentration si le sujet ne me passionnait pas. Je passais mon temps « ailleurs ». En Sciences Naturelles, en Histoire Géo, bon et même très bon parfois. Bref bon dans les matières dites secondaires et mauvais dans les autres. Très dépressif aussi, énormes complexes liés à mon physique que l’on peut qualifier d’ingrat, en but à pas mal de harcèlement, voire de sévices physiques par certains de mes coreligionnaires (un héritage de l’école primaire, il faudra que j’en parle un jour).

Bref, au collège j’eux d’abord en sixième M. Jumentier, très bon prof, qui nous faisait découvrir plein de choses. Puis ce fut Mlle Dall. LA prof idéale ! Une débutante, je crois, mais passionnée par son métier, entièrement dévouée à ses élèves. Que j’étais bien dans ses cours ! Bon je n’étais l’élève parfait, j’ai toujours eu un gros problème pour mémoriser les dates (par contre de façon bizarre j’ai un très bon sens de la chronologie) et en histoire, surtout à l’époque… Problème aussi car incapable de relire mes cahiers, donc d’apprendre ce qui était dedans. Heureusement dans ces matières ma mémoire était très bonne et j’ai réussi à avoir une assez bonne moyenne simplement en lisant les manuels et en mémorisant ce que disait ma professeure.

De santé fragile (et oui déjà) et couplé à un état dépressif permanent j’étais aussi assez souvent malade.

Pourtant, ELLE, a sans doute vue quelque chose en moi et ne m’a jamais laissé tomber. Elle est allée jusqu’à, bénévolement, me donner des cours particuliers !

Il y avait aussi ces conversations que nous avions en cours sur des sujets de société, presque de politique (une femme de gauche, une vraie). Si mes souvenirs sont exacts il lui est même arrivé de dire : « Bon il faudrait peut-être reprendre le cours ».

Il m’est impossible de vous dire tout ce qu’elle a été pour moi. Non Monsieur Freud, je n’étais pas amoureux, je ne faisais pas de transfert non plus ! 🙂

Elle fut sans doute la première personne (à part ma famille et encore) à croire en moi.

Il est hélas assez courant de dénigrer les profs, ils sont une part non négligeable de ce que deviendrons nos enfants.

Quand il y a eu l’abominable meurtre de Samuel Paty, son image, son souvenir ont été naturellement immédiatement dans mon esprit. A un demi siècle de distance c’est elle que l’assassinait !

Régulièrement, je pense à elle, je m’en veux de ne jamais l’avoir contactée pour lui dire un immense merci, l’expression de la reconnaissance que j’ai pour ce qu’elle a fait pour pour et sans un grand nombre de générations d’élèves. Ce matin j’ai eu le courage d’appeler (son numéro est dans l’annuaire et connaissant son adresse par un ami de l’époque…). Hélas le répondeur, j’ai laissé un message pour lui dire qui j’étais et que je rappellerai, angoisse (quand appeler ? Que lui dire ? Sera-t-elle contente de mon appel ?, j’ai toujours de gros problème pour contacter les gens).

Ce que je sais c’est que à chacune de mes réussites j’ai pensé à elle. Oui, si je suis arrivé à un grade assez élevé, si je suis toujours passionné d’histoire et de géographie, si je me considère comme un humaniste (elle faisait aussi l’instruction civique) c’est sans doute en bonne partie grâce à vous Madame.

Merci et chapeau bas Madame !

Post-Scriptum : Bien plus tard au travers de mes enfants et surtout d’un d’eux j’ai découvert qu’en fait j’étais TDA/H, dysgraphique, dysorthographie, sans doute aussi un peu dyslexique. Donc en fait pas coupable, pas fainéant (bon un peu si quand-même 😉 ).